Procés de la Chorale de Metz.



Rassemblement Mardi 2 février à 13h


Le 2 février à 14h sont convoqué.e.s 2 choristes révolutionnaires verbalisé.e.s le 23 mai. Le délibéré des 7 choristes convoqué.e.s le 5 janvier sera rendu également ce jour-là.


C’est également le même procédé qui est utilisé pour réprimer la mobilisation des camarades des EGM le 30 mai lors du rassemblement devant le Centre de Rétention Administrative. 6 militant.e.s des EGM sont convoqué.e.s également le 2 février au tribunal après avoir contesté une verbalisation pour « participation à une manifestation interdite ».

Que s’est t’il passé le 23 mai?

Le 23 mai, la Chorale Révolutionnaire s’inscrit dans une démarche militante et répond à un appel au déconfinement des colères en organisant une répétition revendicative, en plein air, à l’esplanade de Metz, par petits groupes (de moins de 10 personnes).Quelques pancartes sont installées pour dénoncer la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement actuel et les gouvernements précédents qui se sont appliqués à casser les services publics en privilégiant les intérêts financiers plutôt que l’humain.L’intervention des forces de l’ordre ne se fait pas attendre. Contrôles d’identité, retrait des panneaux revendicatifs, destruction de certains panneaux, un policier va jusqu’à lancer : « Il est interdit de revendiquer ! »et informe qu’un arrêté préfectoral interdisant toute manifestation a été pris la veille.Quelques jours plus tard, 14 militant.e.s reçoivent une amende de 135 € pour « participation à une manifestation interdite sur la voie publique ».

Que s’est il passé le 30 mai?Le 30 mai, les Etats Généraux des Migrations ont appelé à un rassemblement devant le centre de rétentionadministrative (CRA) de Metz. C’était l’acte I de la marche des solidarités, relayant les exigences de collectifsdes travailleurs-euses sans papiers dont la crise du COVID a révélé et aggravé la précarité
• Régularisation de tous et toutes
• Fermeture des CRA
• Un logement décent pour tous et toutes.
Le rassemblement devant le CRA était pourtant autorisé ce 30 Mai. Pourtant, quelques mois plus tard, 8militant.e.s ont reçu une amende de 135 € pour « participation à une manifestation interdite », 6 d’entreelles/eux la contestent et seront auditionnée.e.s au tribunal de police le 2 février.
La liberté de revendiquer, de manifester, de s’exprimer, de vivre dignement sont des droits fondamentauxbafoués depuis des années. Des camarades sont verbalisé.es, emprisonné.es, mutilé.es, condamné.es pouravoir montré leur opposition aux politiques antisociales et liberticides du gouvernement au service des plusriches.
Les verbalisations abusives comme celle du 23 mai 2020, du 30 mai 2020 et bien d’autres avant, ne sont qu’unefaçon de museler et invisibiliser toute forme de contestation. Les militant.e.s verbalisé.e.s ont décidé dedéfendre les libertés fondamentales : revendiquer, manifester, s’exprimer, lutter contre un système autoritairequi ne profite qu’à quelques un.e.s et vivre dignement.

Comment montrer votre soutien ?Nous vous adressons cet appel car nous savons que vous partagez les mêmes valeurs que nous et que face à la répression qui s’abat individuellement, il faut résister collectivement. Nous souhaiterions que :
–  Votre organisation soutienne, relaye et soit présente le mardi 2 février 2021 dès 13h pour montrervotre solidarité et votre attachement aux libertés fondamentales, pour soutenir les 2 camaradeschoristes et les 6 camarades des EGM cité.e.s à comparaître (lien vers l’évènement facebook).- Vous pouvez également nous aider au financement des frais de justice de la chorale révolutionnaireen versant à la cagnotte en ligne mise en place pour nous par la Ligue des Droits de l’Homme encliquant ici. https://www.helloasso.com/associations/ligue-des-droits-de-l-homme-metz/formulaires/1/widget
– Vous pouvez aussi relayer et acheter les tee-shirts et badges vendus par la Chorale en envoyant unmessage à choralerevolutionnaire@protonmail.com.

.La chorale révolutionnaire

We are the 99% . ( Nouvelle chanson d’Occupy Wall street.)

From the preamble of the Declaration of Occupy wallstreet

   We are the 99%

As we gather together in solidarity 

to express a feeling of mass injustice, 

we must not lose sight of what brought us together. 

We write so that all people who feel wronged by the corporate forces of the world can know that we are your allies. As one people, united,

   We are the 99%

we acknowledge the reality: 

that the future of the human race requires 

the cooperation of its members; 

that our system must protect our rights, 

and upon corruption of that systemx3, 

it is up to the individuals to protect their own rights, 

and those of their neighbors x3; 

that a democratic government derives its just power from the people x3, but corporations do not seek consent to extract wealth from the people and the Earth;

     We are the 99%

 (and that no true democracy is attainable when the process is determined by economic power.)

We come to you at a time 

when corporations, which place profit over people, 

self-interest over justice, 

and oppression over equality, 

run our governments. 

    We are the 99%

We have peaceably assembled here, as is our right, to let these facts be known :

That we are the 99% !

Traduction a 99%

D’après le préambule de la déclaration de « Occupy Wall Street »

Nous sommes les 99%

Alors que nous nous rassemblons solidairement pour exprimer un sentiment d’injustice massive,

Nous ne devons pas perdre de vue ce qui nous a rassemblé. Nous écrivons pour que tous ceux qui se sentent lésée par les multinationales du monde sachent que nous sommes leur allié-es. En tant que peuple, uni-es,

Nous sommes les 99%

Nous reconnaissons la réalité : 

Que le futur de l’espèce humaine nécessite la coopération de tous ses membres ; 

Que notre système doit protéger nos droits, et qu’en cas de corruption de ce système, il revient aux individus de défendre leurs droits et ceux de leurs voisins ; 

Qu’un gouvernement démocratique reçoit son pouvoir du peuple, mais les multinationales ne  demandent pas leur accord au peuple et à la Terre pour voler leurs richesses.

Nous sommes les 99%

Et qu’aucune vrai démocratie n’est atteignable si les procédures sont dictées par le pouvoir économique.

Nous venons vers vous à une époque où les multinationales, qui placent le profit avant les humains, leurs propre intérêts avant la justice et l’oppression devant l’égalité, dirigent nos gouvernements.

Nous sommes les 99%

Nous somme pacifiquement rassemblés ici, comme c’est notre droit, pour faire savoir ces faits,

QUE NOUS SOMMES LES 99%

La hierba de los caminos.

La hierba de los caminos
(AKA Que la tortilla se vuelva)
Óscar Chávez

{ La hierba de los caminos
La pisan los caminantes } * 2
{ Y a la mujer del obrero
La pisan cuatro tunantes
De esos que tienen dinero. } * 2

{ Qué culpa tiene el tomate
Que está tranquilo en la mata } * 2
{ Y viene un hijo de puta
Y lo mete en una lata
Y lo manda pa’ Caracas. } * 2

{ Los señores de la mina
Han comprado una romana } * 2
{ Para pesar el dinero
Que toditas las semanas
Le roban al pobre obrero. } * 2

{ Cuándo querrá el Dios del cielo
Que la tortilla se vuelva } * 2
{ Que la tortilla se vuelva
Que los pobres coman pan
Y los ricos mierda, mierda. } * 2

L’herbe des chemins
(Que l’omelette se retourne)

Les voyageurs marchent
sur l’herbe des chemins.
Et sur la femme de l’ouvrier
marchent quatre vilains,
de ceux qui ont de l’argent.

Quelle faute a-t-elle la tomate
qui est tranquille dans le buisson ?
Et un fils de pute arrive
et la met dans une conserve
et l’envoie à Caracas.

Les seigneurs de la mine
ont acheté une balance
pour peser l’argent
que toutes les semaines
le volent au pauvre ouvrier.

Quand Dieu du ciel voudra
que l’omelette se retourne ?
Que l’omelette se retourne,
que les pauvres mangent du pain
et les riches de la merde, merde.

Dans le futur…

Samedi 12 décembre, manif contre la loi sécurité globale. Rdv à 14h au métro vieux
port (côté bord de l’eau)

Mercredi 16 décembre 2020, (heure à préciser ) : Rdv au piquet de grève des femmes de chambre en lutte du
Novotel du Prado pour soutenir.

Samedi 19/12: inauguration d’un lieu dédié à l’alimentation, création
d’emploi, vente production alimentaire chouette. A l’ l’ancien Mc Do du
rond point de Sainte Marthe.

Le 9 janvier hommage/commémoration anniversaire Louise Michel.

Du coté de la Dordogne, ça cogne…

Une chorale et un procès !

Nous sommes le jeudi 26 novembre sur la place du marché d’Argentat-sur-Dordogne que nous fréquentons chaque semaine. Il est 10h. Une petite troupe de choristes amateurs composée d’une vingtaine de personnes se retrouve, désireuse de pousser la chansonnette pour exprimer, sur quelques notes musicales et débonnaires, leur désapprobation face aux mesures gouvernementales qui s’éloignent sinistrement de la gestion de la santé publique.

Sur un texte engagé mais non dénué d’humour, emprunté aux choristes des Canulars de Lyon, notre joyeuse troupe commence à chantonner des couplets et à scander des refrains qui font écho à leurs protestations :

  • Ça fredonne en chœur contre les dérives d’un état d’urgence autoritaire plus que sanitaire.
  • Ça swing à l’unisson face à une poignée de dirigeants qui depuis 8 mois gouvernent sans contre-pouvoirs.
  • Ça s’époumone de concert derrière un masque barrière, garde-fou du virus raturant nos visages pour les contraindre au silence.

Sur cette place notre chant égaie le quotidien morose mais semble diviser aussi.

Quelques commerçants et clients nous encouragent, réclamant les textes et nous accompagnant à leur tour. D’autres visages fermés craignent pour leur commerce et redoutent la fermeture du marché. Craintes encouragées par l’arrivée de quelques gendarmes férus de chorale qui se sont invités au concert. Nous comprenons en discutant que cette division ne repose pas sur nos contestations, que tout un chacun semble partager. Mais plutôt sur la peur de la sanction : peur du virus, peur de l’amende, peur de perdre sa place au marché, de ne plus avoir de revenus,… Des craintes qui résonnent aux oreilles des choristes, car nombreux sont celles et ceux qui, travaillant dans le secteur associatif ou culturel, se retrouvent depuis plus de 8 mois au chômage forcé ou sans revenus.

Il est 11h lorsque l’équipe de choristes décide d’aller chanter dans les supermarchés de la ville. Là, dans le temple de la consommation, point de franche division. La chorale est accueillie par les caissières et les clients dans une ambiance conviviale. Derrière les masques, on devine les sourires, quelques encouragements se font entendre du côté des files d’attente, certains applaudissent à notre départ. A 11h30, nous nous divisons pour rejoindre le marché, satisfaits de la conclusion de cette action musicale symbolique et chaleureuse.

Il semble malheureusement qu’une chorale d’amateurs aujourd’hui présente une dangereuse menace. En effet, sur place nous sommes attendus et les militaires se sont multipliés : ils sont une trentaine. On nous suit, on nous empêche de quitter le marché, on nous photographie, nos attestations sont vérifiées, suivi d’un contrôle d’identité. Nous sommes divisés en trois groupes, bousculés, encerclés par une douzaine d’agents par groupe. Dans la confusion, un des choristes est écarté du groupe. Il sera plaqué au sol, menotté et placé en garde à vue… pour avoir chanté… accusé de chefs d’inculpation démesurés en attente d’un procès. Nous ne parviendrons à rejoindre nos domiciles que tard dans la soirée pour éviter le ballet incessant des voitures de gendarmerie qui quadrillent la ville toute la journée. Nous ne pouvions imaginer l’ampleur de la réaction suscitée par cette chorale. L’intervention musclée de la gendarmerie aura au moins offert le soutien de certains commerçants choqués par l’attitude des forces de répression.

Terminons ce triste récit rochoralesque sur une note musicale, une modeste référence à un grand chansonnier visionnaire. Il semble en effet cher Brassens que « L’Hécatombe » apprécie les marchés corréziens :

« Au marché d’Argentat-sur-Dordogne
à propos de quelques chansons
un bataillon en uniforme
créa toute une agitation. »

Et la suite ?

La co-râle sera-t-elle réduite au silence ? Baillonnée par l’état d’urgence ? Ou poussera-t-elle encore la chansonnette ? Pour nous égayer et faire la fête ? Ce qui est certain, par contre, c’est que la chorale est en procès ! Un choriste est convoqué au tribunal le 1er juin 2021. Les délits retenus à son encontre sont les suivants :

– port d’arme (un opinel)
– participation à un rassemblement interdit
– outrage
– rébellion
– violence sur gendarme
– refus de prélèvement d’ADN

Par solidarité avec le choriste inquiété, en soutien aux défenseurs et défenseuses de la convivialité, du lien social et de la joie de vivre qui subissent des pressions, une caisse de soutien est créée pour participer à des frais d’avocat. Il est possible d’envoyer des messages de soutien ou des dons à :

Association L’Esprit en Balançoire
Aussoleil, 19320 Saint Martin la Méanne

Eugénie.

Lors du récital la crétine est subjuguée, se lève, trépigne, puis s’effondre soudain, évanouie. On se précipite, on amène les sels. La cantatrice est bouleversée par cette enfant, tombée en pâmoison à ses pieds; Quand Eugènie se redresse, elle se campe sur ses pieds, les jambes arquées, les bras en croix, le visage tendu vers le ciel, le ventre gonflé, la cage thoracique élargie, la mâchoire pendante, et du haut de ses 96 centimètres défèque abondamment tout en lançant un O si grave et si rauque qu’il capte immédiatement l’attention de tous.

Le son dure , vrombissant. Concentrée, la crétine le tient sans mal, sa gorge tremblant légèrement. Le O donne l'impression d'émaner directement de son goitre, transformé en membrane vivante. La voyelle ronde ayant été la première entendue se trouve la première prononcée, lancée, chantée. On oublie l'odeur, pour n'écouter que le son sépulcral, d'un timbre si intense qu'il semble sortir des profondeurs du corps. Cette voix unique se rapproche d'un grognement de bête. L'assistance fait cette expérience qu'elle ne soupçonnait pas: passer par le plus trivial, le plus animal, l'excrémentiel, pour entendre l'écho magique d'un art premier.<br>Le son dure , vrombissant. Concentrée, la crétine le tient sans mal, sa gorge tremblant légèrement. Le O donne l’impression d’émaner directement de son goitre, transformé en membrane vivante. La voyelle ronde ayant été la première entendue se trouve la première prononcée, lancée, chantée. On oublie l’odeur, pour n’écouter que le son sépulcral, d’un timbre si intense qu’il semble sortir des profondeurs du corps. Cette voix unique se rapproche d’un grognement de bête. L’assistance fait cette expérience qu’elle ne soupçonnait pas: passer par le plus trivial, le plus animal, l’excrémentiel, pour entendre l’écho magique d’un art premier.

Jamais Girolam Crescentini ni Joséphine Fodor n’ont entendu une telle basse, lancée si puissamment. Bien plus sombre que ce qu’une alto, la voix féminine la plus grave, pourrait atteindre. On y reconnait davantage un personnage comme Sarastro ou Osmin les voix masculines de basse profonde, de basse noble, celles qui incarnent des personnages terribles, des démons, des hommes méchants. ou alors la voix de Dieu.

Antoine de Baecque. Eugénie. Stock 2020. Sur l’enlèvement des crétines des Alpes.

https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2020/01/17/la-cretine-et-l-alieniste-eugenie-d-antoine-de-baecque_6026181_5473203.html