Maman la grève arrive…

Manman ! La Grève barré moin
Paroles et musique de Léona Gabriel

PAROLES VOIX LEAD et VOIX HAUTE
Manman ! La grève barré moin
Manman ! La grève barré moin
Manman ! La grève barré moin
Mussieu Michel pas lé baye deux francs

Oué! Oué! Oué! Oué !
Oué! Oué! Oué! Oué !
Oué! Oué! Oué! Oué Mussieu Michel pas lé baye deux francs

Moin sôti lanmentin
Pou moin descen’ en ville
Avant moin té prend grand pon
Mi la grève la barré chumin moin

[refrain]

[break percu]

Yo brûlé canne béké
Yo incendié bitation yo
Malgré tout ça yo fé a
Mussieu Michel pas lé baye deux francs

[refrain]

PAROLES VOIX RYTHMIQUE

Manman la grev
Manman la grev
Manman la grev
Paye pas deux francs

Ouéoué! Oué! Ouéoué! Oué !
Ouéoué! Oué! Ouéoué! Oué !
Ouéoué! Oué! Ouéoué! Oué Mussieu Michel pas lé baye deux francs

Manman la grev
Manman la grev
Manman la grev
[percu]

[refrain]
[break percu]

Brulé canne béké
Bitation yo
Malgré tout ça
Paie pas deux francs

[refrain]

Léona Gabriel raconte ses souvenirs de la grande grève des ouvriers des plantations de cannes de 1900 à la Martinique. Elle avait 8 ans.
« Maman, la grève m’a barré le chemin, monsieur Michel veut pas payer 2 francs.
Je suis sortie ce matin pour descendre en ville, avant je prenais le grand pont mais la grève m’a barré le chemin.Ils ont brûlé la canne à sucre des békés (descendants des colons) et incendié leurs maisons mais monsieur Michel ne veut pas payer 2 francs »
Les ouvriers luttaient contre la dégradation de leurs conditions de travail. Depuis le début de la crise de la canne à sucre de la fin du XIXeme, les salaires avaient été divisés par 2 alors que la quantité de travail avait doublé (voire triplé).
Ce mouvement durement réprimé (10 travailleurs tués et 12 blessés lors d’une fusillade de la gendarmerie) n’améliora pas significativement les conditions de travail des ouvriers mais amena des évolutions sur le plan syndical.

J’attends devant ma porte.

J’attends devant ma porte
Mon fils et mon mari*
Ma maison semble morte
Et mort aussi Paris

Depuis l’autre semaine
Ils sont partis d’ici
Du coté de la Seine
Emportant leurs fusils

C’était pour la bataille
Du vrai peuple ouvrier
Contre ceux de Versailles
Venus nous fusiller

Mais le feu et les balles
Me faisait moins trembler
Que le bruit des rafales
Dans Paris fusillé

J’attends devant ma porte
Mon fils et mon mari*
Ma maison semble morte__
__Et mort aussi Paris

(ou « ma fille et son mari »
ou « ma fille et son ami »
… car les femmes étaient aussi sur les barricades)

Sur le site de L’Echo raleur. (pour les voix): http://lechoraleur.fr/chansons/jattends-devant-ma-porte/

Versaillais.

L’hiver 71, c’est l’hiver du chaos
L’hiver de la défaite devant les Pruscos
L’hiver de la souffrance et l’hiver de la faim
L’hiver des collabos, des faux républicains
Il commence à fleurir des cocardes écarlates
Et bientôt dans la rue, le cri du peuple éclate.

Versaillais, Versaillais,
Vous avez fusillé le cœur d’une révolution
Vous l’avez jetée en prison
Mais il reste à Paris, l’esprit des insurgés.

Un matin tout Paris entre en insurrection
Et Paris doit lutter contre la réaction
Etudiants, ouvriers, armez vos chassepots
Du haut des barricades agitez vos drapeaux
Agitez vos drapeaux, qu’les versaillais cannonent
Agitez un mouchoir rouge du sang d’un homme.

Versaillais, Versaillais,
Vous avez fusillé le cœur d’une révolution
Vous l’avez jetée en prison
Mais il reste à Paris, l’esprit des insurgés.
Avec la cruauté d’une bête sauvage
Thiers a tué la Commune en un rouge carnage
Derrière les tombes et les croix d’un cimetière
A 10 contre 200 les révolutionnaires
Les derniers fédérés contre un mur sont tombés
Ne murmurant qu’un mot, le mot fraternité.

Versaillais, Versaillais,
Vous avez fusillé le cœur d’une révolution
Vous l’avez jetée en prison
Mais il reste à Paris, l’esprit des insurgés.

« Mais Chenoz sait qu’il y a aussi dans l’ Assemblée de la Plaine des libertaires, lointains héritiers de la Commune de Marseille, qui célèbrent Louise Michel tous les ans, et sont derrière ce carnaval douloureux des joyeux Turlurons. Diguedondaine, Diguedondon. »
Chapitre sur Gérard Chenoz. La chute du Monstre. Philippe Pujol.